La route de San Gil à Bucamaranga comporte la plus longue série de virages en épingle à cheveux que l’on puisse imaginer et une dénivelée impressionnante. Pendant la moitié du voyage d’environ trois heures, on ne fait que descendre le long d’un canyon spectaculaire en se demandant bien quand et où cette plongée vertigineuse s’arrêtera-t-elle.
La route de Bucamaranga à San Gil ne nous évoque rien d’autre qu’un bus de nuit frigorifié.
A côté de Santa Marta, sur la côte Caraïbe, se trouve le paisible village de Taganga, bien connu des touristes un peu roots pour son atmosphère détendue, la présence de petites plages plus ou moins tranquilles, ses pêcheurs remontant leurs filets depuis la plage, et la proximité de deux célèbres parcs nationaux, Tayrona et la Sierra Nevada de Santa Marta. C’est la suite du récit.
En attendant, nous avons découverte avec masque et tuba les fonds marins de la baie en eau peu profonde ; et bien, je tiens à dire que ces deux objets subaquatiques avaient tout à fait leur place dans mon sace à dos car sous l’eau c’est la régalade et défilé de poissons multicolores. Super bonito.
On commence par la visite du parce Tayrona situé en bord de mer, abritant une jungle et de nombreuses plages où il est à priori très dangereux de se baigner. Le billet d’entrée n’est pas donné, alors ça a intérêt à être chouette. Ça commence bien puisque deux Colombiens en voyage de noce dans la région nous prennent en stop et nous déposent cinq kilomètres plus loin, là où débutent les balades. La première est une petite boucle d’environ 45 minutes qui nous conduit, à travers la jungle, jusqu’à la côte où un mirador nous offre un aperçu du paysage qui nous attend plus loin : côte sauvage, plages balayées par des vagues puissantes et des courants violents, forêt « vierge ». L’aventure à l’état pur commence rapidement, voyez plutôt.
En m’approchant trop près d’un trou servant d’abri à une colonie de fourmis volantes, je subis de plein front l’attaque simultanée de deux individus, deux piqûres dont une assez douloureuse à l’épaule qui attendra la fin de journée avant de disparaître. Et c’est pas fini puisque nous apercevons des petits singes à tête blanche (nom scientifique non garanti), espèce quasi endémique (1). Viennent ensuite les « Jesus Christ Lizard », ces lézards ultra rapides à tête triangulaire relevée, dont l’observation nécessite une certaine vélocité (2). Tout autant que celle des crabes bleutés dont la capacité à filer dans leur terrier en un dixième de seconde est tout à fait édifiante. La suite de la balade est une traversée de la forêt en direction des plages ; des arbres immenses, bruits étranges, une lutte végétale sans merci pour gagner la lumière. Les bruits bizarres sont soit les oiseaux, soit les insectes. Et en l’occurrence, à ce petit jeu, les cigales colombiennes anéantissent tous les espoirs que nous placions sur la variété provençale. La colombienne a un gabarit de sumo, plus de coffre et donc plus de volume sonore. On doit frôler les 80 décibels.
En observant les racines toujours impressionnantes du caoutchoutier, et en les suivant du regard vers la cime, nous tombons par hasard sur une troupe de singes marrons (nom scientifique non garanti), aux poils relativement long, d’allure soyeuse, avec une belle queue touffue, et une bonne tête rappelant l’orang-outang (3). Quel jour de chance ! Le chemin est très agréable, mais que de monde pour un endroit hautement préservé. D’où viennent-ils, où vont-ils ? Arrivés sur les plages, nous découvrons cette même côte sauvage où il est toujours aussi dangereux de se baigner, mis à part dans les « piscines naturelles » formées par la barrière de corail, et nous avons la réponse à la question précédente. Au bord de la plage, plusieurs campements, des tentes, des hamacs, quelques paillotes, bars et restaurants, où les touristes viennent se poser tel un groupe de Robinson. Finalement, c’est plutôt un bel endroit, ultra fréquenté, mais où la réglementation en vigueur permet néanmoins une protection et une conservation du site. Au retour, nous recroisons nos frères arboricoles poilus, complètement déchaînés et poussant d’horribles cris. Tout compte fait, au lieu d’orangs-outans, je pencherai bien pour des singes hurleurs. Encore une lutte des mâles pour montrer et asseoir leur toute puissance. N’importe quoi !
Le trajet vers San Gil nous conforte dans l’idée que les chauffeurs de bus sont tarés. Nous découvrons Barichara à la lueur du soleil couchant, donnant à cette petite ville déjà élue « la plus belle de Colombie » des teintes et une lumière splendides.
20 juillet, el dia de la independancia, fête nationale Colombienne. Chaque fenêtre est parée d’une Bandeira nationale. Et c’est tout ! Pas de défilé militaire, pas de cérémonie officielle, pas de commémoration solennelle, pas de pétards ni de bal populaire, bref une célébration très sobre.
Barichara est posée à flanc de coteau de manière assez pentu, ses rues sont pavées de grandes dalles, les trottoirs sont perchés à cinquante centimètres de hauteur. Toutes les maisons sont conçues sur le même modèle, plein pied ou un étage, murs blancs, verts sur le premier mètre (tout comme les boiseries extérieures), les toits sont en tuiles d’un rouge orange vif. Des patios souvent fleuris et ombragés dissimulés sur l’arrière comme autant de jardins secrets. Au niveau unité architecturale, il est difficile de faire plus homogène. Le village abrite quelques églises assorties aux pavement des rues, c'est-à-dire construites dans une roche granitique ocre, et souvent érigées sur le même modèle, un fronton triangulaire et un clocher en façade placé sur la gauche, hébergeant trois cloches.
Avant de démarrer la petite balade chaudement recommandée par « Gros Malin », notre guide de voyage par défaut, nous visitons le cimetière, sorte de jardin fleuri, soigneusement entretenu, engazonné, arboré, presque joyeux, presque vivant. Ça donnerait quasiment envie de s’y faire enterrer. La petite balade en question s’appele « El Camino Real » et suit un ancien sentier muletier reliant Barichara au petit village de Guane. Ça ressemble à un chemin précolombien, à la manière de la « via appia », encore et toujours pavé. Nous marchons au milieu d’une végétation étonnante où chaque plante semble sortie d’une manipulation génétique. A chaque pas nous croisons papillons et oiseaux multicolores, très beaux mais réfractaires à l’objectif.
Qu’à cela ne tienne, nous atteignons Guane après deux heures de marche en plein cagnard, à deux doigts de la déshydratation complète. Pascale choisit la « chicha », cette mystérieuse boisson fermentée à base de maïs pour réhydrater son corps desséché. Quelle mauvaise idée, c’est vraiment pas très bon ! Un avant goût pas désagréable et puis très vite cet arrière goût immonde et rémanent de vomi. On l’a finalement offert à l’idiot du village qui l’avala d’un trait sans sourcilier. Visite expresse du bourg en passant par le cimetière, notre nouvelle passion, perché en bordure de falaise avec vue imprenable sur la vallée, avec à l’entrée les omniprésents vautours en guise de bienvenue et sur le muret opposé là où la vue plonge, cette inscription sans appel gravée dans le marbre « Voyez comme la nature est belle vue d’ici, et imaginez-là vue du ciel ». Mon dieu, mais c’est une invitation au suicide !! Retour par le même chemin, même état de déshydratation à l’arrivée, mais choix plus judicieux pour y remédier. Quoique Pascale persiste et signe dans le genre je goûte et tente toutes les expériences culinaires et gustatives locales. Pas de chance car ici ils mangent des fourmis à gros cul grillées. Et bien qu’à cela ne tienne, madame en avalera trois. Ça ne doit pas être si bon car le paquet en contient une trentaine.
Nous repassons par San Gil avant de gagner les superbes cascades de Juan Curi nichées dans la jungle au milieu d’une végétation complètement délirante (ça devient une habitude), la forêt équatoriale à l’état pur. Nous marchons dans le lit de la rivière, sur la berge, empruntant un sentier digne d’un raid aventure, grimpant sur des échelles rudimentaires et glissantes, se hissant sur des rochers à l’aide de cordes, pour finalement déboucher successivement au pied de deux magnifiques cascades dont la plus haute se jette de 180 mètres. Quelle chute !
16 juillet, pas le temps de dire ouf, car à peine sommes nous arrivés à la gare routière qu’un bus nous emporte vers Villa de Leyva. On est tombé sur un pilote de rallye inconscient qui ne sait sans doute pas lire les panneaux pourtant énormes « las imprudencias en la via son fatales ». On l’a échappé belle.
A Villa de Leyva, on s’attendait à une grosse fête pour El Dia de la Virgen del Carmen. On n’a pas été déçu puisque c’est La Semana de la Virgen del Carmen, avec comme point d’orgue la journée du 16. Nous sommes le 16. Villa de Leyva est une petite ville, très ancienne et très bien conservée, à l’architecture homogène, dégageant une impression d’authenticité et un charme fou fou fou. Rues pavées par de grosses pierres où les talons sont maudits, maisons blanches aux toits de tuiles, aux belles portes en bois, abritant souvent de magnifiques patios, des petits jardins soignés et fleuris. Bien que très animée, la ville conserve un côté paisible et accueillant où il fait bon flâner. Nombreux sont ceux qui viennent célébrer la vierge, nombreux sont ceux qui viennent profiter de l’aubaine pour faire prospérer leur commerce.
Près de la gare routière, sont rassemblés les marchands de chipolatas multicolores à « déguster » avec des petites pommes de terre rissolées. C’est super gras. A tous les coins de rues, sont installés des vendeurs de poulets rôtis, d’arepas, de sandwichs ou de hamburgers. Sur la plazza mayor se concentre une grosse partie du commerce. D’abord les fournisseurs de bière, le cœur de la fête (sponsorisée par une célèbre marque jaune – elle a bon dos la vierge), qui écoulent des quantités astronomiques du matin au soir. Ensuite, les vendeurs de pâtes de fruits de goyaves et autres sucreries, des marchands de chapeaux, de panchos, de poteries, de tirelires en forme de cochon (code international des petites économies), des stands de jeux type kermesse, et des attractions foraines type manège à rotation manuelle, toboggan gonflable géant ou intraitable rodéo mécanique ; et un stand singulier proposant de soigner tous les maux grâce à la bave d’escargots mutants. Toute la journée De grosses enceintes diffusent de la musique colombienne.
En début de soirée, au bout de la rue principale, à l’entrée du village, phares, gyrophares et klaxons annoncent l’arrivée très attendue de la procession. En tête de cortège, un pick-up porte la Virgen del Carmen, suivi par des hommes portant une sorte de maquette géante de la ville, suivis eux-mêmes par un camion bâché à orchestre, puis de nombreux véhicules, motos et mobylettes. Les piétons se débrouillent pour suivre le cortège sans se faire écraser. La procession termine son parcours devant l’église, sur une place où les gens se rassemblent massivement. Une fanfare dirigée par un personnage « Botérolien » entame des standards colombiens entrecoupés d’interventions laconiques psalmodiées du curé local remerciant la Virgen del Carmen pour cette journée merveilleuse placée sous le signe de l’amour, de la paix, du partage et du feu d’artifice coloré qui nous ravit et nous réchauffe le cœur. C’est vrai qu’il a du chien ce feu d’artifice. Au début, on pense qu’ils se moquent du monde avec leurs petites fusées placées au bout de longues perches qu’une bande de vieux propulse à cinquante mètres de haut à mains nues, comme les gosses lancent des pétards. Des vrais gosses ces vieux. Puis le spectacle prend de l’ampleur avec comme apogée la mise à feu de deux totems ingénieusement préparés par les techniciens pyrotechniques, s’allumant progressivement de bas en haut pour finalement dévoiler au milieu des flammes une peinture de la vierge, fabuleuse apparition divine. Le final est aussi à la hauteur de la divinité avec son explosion de bruits et de couleurs digne d’un 14 juillet. Nous sommes quand même le 16… c’est dingue ! La foule se dirige ensuite vers la plazza mayor, où dans un tout autre style un groupe, accompagné de trois danseuses de type « bombasses refaites des pieds à la tête se trémoussant inlassablement », distille toutes les musiques sud-américaine, rumba, salsa, cumbia… La bière coule à flots et les corps s’agitent. Ça dansera jusqu’au bout de la nuit.
Villa de Leyva vaut son pesant d’or pour son architecture, son ambiance festive et en même temps paisible, sa population détendue et souriante, mais aussi pour ses alentours. Une petite balade permet d’accéder à Sagrado Corazon, une sainte perchée au-dessus de laville, d’où la vue s’étend sur toute la vallée. Imprenable.Dansla valléede nombreux sites à visiter parmi lesquels une maison insolite construite par Octavio Mendosa, un architecte un peu fou. Prenez de la terre crue comme unique matériau de construction,quelques mosaïques pour la décoration, mélangez Barpapapa, Dali et Gaudi, et vousaurezune idée de cette construction géniale.
Sur le chemin du retour nous prenons un verre de rouge dans le vignoble local, et c’était une très mauvaise idée sauf si on kiffe le vinaigre. On a appris plus tard que les Colombiens font du vin pour les Colombiens sans chercher à concurrencer Chiliens ou Français, simplement en respectant les goûts locaux. Et à ce niveau pas de doute, tous les goûts sont dans la nature ! A la recherche d’un dîner couleurs locales, nous croisons un type qui insiste pour nous faire tester les meilleures arepas de toute la région, pleines de fromage dégoulinant et garnies de deux saucisses maison. Muy rico y muy bueno. Le gars est sympa comme tout, un peu comme un Colombien. On craque aussi sur la sauce exquise, les patatas crillolitas et la bonne grosse chipolatas, grosse et bonne… Le monsieur assis à côté de nous, c’est justement l’architecte un peu fou. Tout le monde à son grain de folie, le sien se voit peut-être un peu plus. Un peu fou donc, très malin et cultivé, gentil comme un Colombien, et dont l’inspiration se base beaucoup sur les énergies, l’au, l’air et la terre. Nous sommes invités à participer à un cours-discussion, demain, dans la maison. Je crois surtout qu’il a très envie de revoir Pascale qui lui rappelle un modèle de Modigliani. Sur la place, d’autres groupes se succèdent, musiques et danses plus traditionnelles, façon campesinos. Tout le monde danse, jeunes, vieux, étudiants, paysans, papis, mamis… en procédant par petits pas et légers déhanchements. C’est beau à voir. On va se coucher à l’heure des poules car demain c’est randonnée.
Donc aujourd’hui c’est randonnée en compagnie d’Augusto, notre guide pour l’occasion, et surtout pour éviter de se perdre dans la selva. C’est pas l’Amazonie mais la végétation est quand même bien dense. Ici tout pousse comme du chiendent sauf que c’est bien plus joli. Impossible de décrire ou de citer toutes les plantes que nous croisons. Quelques-unes sont quand même singulières et méritent quelques lignes. D’abord la « barba del viejo », une plante grise filandreuse qui pendouille des arbres comme des milliers de guirlandes ternes. Les Aloes géants aux feuilles démesurées et à l’immense fleur fatale. Les épiphytes qui colonisent les arbres comme si elles étaient ses propres fruits. On randonne en plein délire végétal. Mais les clous du spectacle sont deux magnifiques cascades dissimulées au cœur de la forêt, accessibles par un chemin non moins dissimulé. C’est là que le guide prend toute sa dimension. L’appel de la douche a eu raison de notre bien être pour un massage naturel 100 % aquatique. La suite de la randonnée nous conduit au milieu de la rivière bouillonnante, puis dans le lit paisible d’une autre que nous remontons avant de franchir « el salto del angel », un passage très étroit quasiment suspendu dans le vide, où il faut mettre pendant quelques secondes son vertige dans la poche.
De retour à Villa de Leyva, nous retrouvons la fête de Carmen la vierge, consacrant cette fin de journée à des activités traditionnelles. Nous assistons donc à un défilé de haute couture consacré aux panchos, ainsi qu’à la fin du concours de filage de laine regroupant les meilleures mamies de la région. C’est presque émouvant toutes ces petites vieilles très sérieuses et en même temps fières de montrer leur savoir-faire. Ce soir nous boudons la fête et profitons de l’auberge, du site bucolique et de la cuisine self-service pour confectionner LA salade du chef. Petit bémol à cette paisible soirée, les gringos nord-américains qui n’ont pas encore intégré l’Obamania et pensent toujours en terme de suprématie entre USA et le reste du monde, et ça s’entend jusqu’à 4h00 du matin.
14 juillet 2009, le plus long de l’histoire. Pas que je me sois ennuyé, mais juste en terme de veille, de temps écoulé et de distance parcourue. Le 14 juillet commence donc à Barcelone, minuit pile et c’est Flo qui me saute dessus « Feliz comple año mon loup ! ». Vers 2h00 du matin, Loïs nous dépose à l’aéroport. Vers 7h30, on enregistre les bagages, 8h30 décollage pour Madrid puis Bogota. Vers 22h00, Pascale sabre le champagne dans l’avion et on s’enfile un sandwich en guise de petit four. Vers minuit, on recule de 7 cases et il est 17h00 heure locale. Atterrissage à Bogota et le 14 juillet continue. Vers 19h30 on arrive chez Manuel, notre hôte « couchsurfeur » et on ouvre un coteau d’Aix pour fêter ça. Vers 21h00, on débarque dans un bar-boîte où la musique bat son plein et la bière coule à flots. C’est happy-hour, hiphiphip et bienvenidos a Bogota. A 23h00, un petit hamburger-frites nous remplit l’estomac. A minuit on rentre, fin de 14 juillet. Mon anniversaire aura duré 31 heures et ça fait bientôt 48 heures qu’on ne s’est pas allongé sur un objet de la famille du matelas.
Bogota
On s’est levé vers 15h30, mais heureusement qu’en réalité il n’était que 8h30. Je vous recommande la vue de la douche, plongeante sur la plaine de Bogota, c’est très impressionnant au réveil. Je vous recommande aussi le petit déjeuner façon Manuel avec ses « arepas » mozzarella, sa soupe aux œufs pochés, son chocolat chaud Inca à la cannelle et sa papaye en tranche. Despues, se saca el hambre.
Bogota est immense mais son centre historique « relativement » modeste, la Candelaria. Des petites rues aux maisons coloniales dans la pure tradition hispano américaine, très colorées avec de nombreuses boiseries (portes, balcons et fenêtres) travaillées, abritant souvent un patio entouré d’un balcon et très fleuri. Qui dit quartier historique, dit souvent rues escarpées ; et à 2600 mètres, on sent bien que l’oxygène n’est pas au complet. Nous visitons toutes les églises possibles comme si notre foi s’était soudain révélée par je ne sais quel mécanisme incontrôlé. Nous sommes mercredi, 11h30, et pourtant partout la messe est dite. Quelle ferveur ! Certains poussent même le vice jusqu’au confessionnal et il faut voir la file d’attente pour y croire. L’intérieur des églises recèle parfois de petits bijoux comme un plafond en bois sculpté, des dizaines de tableaux sertis de dorures ornant le retable ou un magnifique sol en tommettes géantes. La place Bolivar, sorte de « Zócalo » local, rassemble également de nombreuses prouesses architecturales, au centre desquelles s’étend la place dominée par le célèbre libérateur, et où les vendeurs ambulants côtoient les photographes autorisés, les distributeurs de minutes téléphoniques, chanteurs, pigeons, marchands de graines pour pigeons, et les promeneurs comme nous qui viennent se prélasser sur les immenses marches. Pas très loin, se dresse le palais présidentiel facilement reconnaissable à l’ensemble des gardes, policiers et autres militaires qui ceinturent le lieu. Bogota abrite aussi de nombreux musées dont la gratuité pourrait donner des idées à nos dirigeants. La fondation Botero retient toute notre attention, à raison puisque le bâtiment est magnifique et qu’il héberge une impressionnante collection donnée par l’artiste dont environ 80 chefs-d’œuvre de grands maîtres (ils y sont presque tous ), le reste étant sa propre production. Un vrai régal, il est doué ce généreux bonhomme.
Un petit régal aussi notre repas de 16h00 composé du plat local le plus typique « el ajiaco » et d’un morceau de « carne a la plancha » avec ses accompagnements maison. Simple mais efficace. Un petit tour en minibus pour retourner à la casa et se rendre compte de la densité du trafic et de la capacité des chauffeurs à rouler comme des cinglés : accélérations puissantes et violents freinages se succèdent tout au long du parcours comme si l’objectif était d’envoyer manu militari le véhicule au rebus.